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France 2030 : la Cour des comptes pointe la faible part des fonds captée par les PME

Dans son bilan à mi-parcours de France 2030 publié le 28 octobre 2026, la Cour des comptes constate que les petites structures sont nombreuses parmi les bénéficiaires mais ne captent qu’une faible part des fonds, et elle réclame plus de contrôle sur l’argent versé.

En bref
  • Fin 2025, plus de 33 Md€ avaient été engagés pour environ 7 300 projets, dont 82 % sous forme de subventions.
  • Les structures de moins de 50 salariés représentent 61 % des bénéficiaires mais 15 % des montants alloués.
  • 1 % des projets concentrent 49 % des montants contractualisés.
  • La Cour demande un contrôle interne renforcé, un programme d’audit des opérateurs et une meilleure traçabilité des flux.

Que dit le rapport de la Cour des comptes sur France 2030 ? #

Le plan France 2030, annoncé en octobre 2021, prévoyait 54 Md€ à engager entre 2022 et 2026 pour financer l’innovation et l’industrialisation. Le rapport public thématique de la Cour des comptes dresse un bilan à mi-parcours de ce programme piloté par le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI).

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Selon la synthèse du rapport, près de 33 Md€ avaient été contractualisés avec les porteurs de projets fin 2025, et près de 14 Md€ effectivement versés. La Cour parle d’un « mur d’engagements budgétaires » à financer dans les prochaines années.

Pourquoi les PME pèsent peu dans les montants ? #

Le constat le plus parlant pour les dirigeants de petites entreprises tient en deux chiffres : les organismes publics et privés de moins de 50 salariés forment 61 % des bénéficiaires, mais ne reçoivent que 15 % des montants alloués.

La Cour l’explique par la nature des projets : les financements vont surtout aux acteurs capables de porter des projets complexes, exigeant des investissements lourds. Les grands projets industriels décidés hors appels à projets représentent au moins 38 % des montants engagés.

La concentration est forte : 1 % des projets captent 49 % des sommes contractualisées. Quatre axes (enseignement supérieur et recherche, soutien structurel à l’innovation, composants électroniques, véhicules) totalisent 59 % des montants.

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Des délais d’instruction qui s’allongent #

Pour une PME, la question du calendrier compte autant que celle du montant. D’après la Cour, la durée moyenne entre le dépôt d’un dossier et la contractualisation est passée de 7,8 à 11,3 mois entre 2021 et 2025.

Le rapport attribue cet allongement au durcissement de la contrainte budgétaire à partir de 2023, à la multiplication d’appels à projets spécifiques et aux allers-retours pendant la sélection. Un plan de financement qui suppose l’arrivée rapide d’une aide publique doit donc prévoir une marge de trésorerie.

Subventions en dernier recours : ce que la Cour recommande #

Le plan repose à 82 % sur des subventions, contre 12 % d’avances remboursables et 6 % de prises de participations. La Cour juge ce recours massif plus coûteux pour les finances publiques et susceptible d’avoir créé un effet d’aubaine pour certains bénéficiaires.

Elle recommande donc de définir une doctrine d’utilisation des instruments financiers et d’« inverser la logique » en n’envisageant la subvention qu’en dernier recours. Si cette orientation est suivie, les futures aides à l’innovation pourraient prendre davantage la forme d’avances à rembourser ou d’entrées au capital.

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Contrôle interne et traçabilité : l’angle de l’auditeur #

La partie la plus technique du rapport concerne la gestion. La Cour estime que le dispositif de contrôle interne du plan est « encore incomplet » et qu’il doit s’accompagner d’un programme d’audit des opérateurs : ADEME, ANR, Bpifrance et Caisse des dépôts.

Le suivi des retours financiers, notamment les remboursements d’avances, a progressé récemment mais ne garantit pas encore une traçabilité suffisante ni une consolidation fiable des flux au niveau de chaque projet. Les outils de suivi n’ont pas été développés au rythme de la montée en puissance du plan.

Pour une entreprise aidée, la conséquence pratique est simple : plus le financeur renforce ses contrôles, plus il attendra des pièces justificatives propres. Tenir une comptabilité analytique par projet, conserver factures et feuilles de temps, et rapprocher régulièrement dépenses engagées et budget du dossier évite les mauvaises surprises lors d’un contrôle ou d’une demande de solde.

Quels résultats à mi-parcours ? #

La Cour reste prudente sur l’efficacité. Fin 2025, seuls 642 projets, soit moins de 10 % des projets financés, étaient terminés. Les premières évaluations suggèrent que France 2030 a eu un effet déclencheur déterminant pour environ la moitié des projets soutenus.

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Pour le reste, les données disponibles ne permettent pas de mesurer l’effet d’aubaine ni l’effet de levier sur l’investissement privé. La Cour recommande des suivis de cohortes de bénéficiaires et la publication du détail des financements accordés, dans le respect du secret des affaires. Le détail des chiffres et les réponses des administrations figurent dans le rapport complet.

Questions fréquentes #

Combien a été versé au titre de France 2030 ?

Selon la Cour des comptes, près de 14 Md€ avaient été versés aux bénéficiaires fin 2025, sur près de 33 Md€ contractualisés.

Les PME ont-elles accès à France 2030 ?

Oui : les structures de moins de 50 salariés représentent 61 % des bénéficiaires, mais seulement 15 % des montants alloués.

Que recommande la Cour sur le contrôle ?

Renforcer le contrôle interne, lancer un programme d’audit des opérateurs et fiabiliser la traçabilité des flux financiers projet par projet.

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